Le Chogolisa (7 665 m / 25 148 ft) est un géant du Karakoram à deux sommets. Il se dresse directement au-dessus de Concordia, à une courte marche au-delà du camp de base du K2. C'est la 36e plus haute montagne du monde, et l'une des formes les plus belles et les plus dangereuses du Gilgit-Baltistan. Son sommet sud-ouest, le plus haut, a été gravi pour la première fois par une équipe autrichienne en 1975 ; le sommet nord-est, le « Bride Peak », a été conquis par une expédition japonaise en 1958. C'est une expédition engagée à plus de 7 000 mètres, pas un trek. Comptez environ 30 à 40 jours, avec une fenêtre sommitale de juin à août. Il vous faudra aussi une vraie maîtrise des cordes fixes et du sauvetage en crevasse. Surtout, respectez les arêtes à corniches qui ont tué Hermann Buhl ici en 1957. Nous sommes une équipe baltie basée à Skardu, et ce sont les glaciers sur lesquels nous travaillons.
Chogolisa : l'essentiel
- Altitude : 7 665 m (25 148 ft) au Chogolisa I (SO) ; le sommet NE, le « Bride Peak », culmine à 7 654 m. Le 36e plus haut sommet du monde.
- Où : à la tête du glacier du Baltoro, à côté de Concordia, dans la région du Gilgit-Baltistan au Pakistan, en pleine vue du K2, du Broad Peak et des Gasherbrum.
- Nom : du balti Chogo Ling Sa, souvent traduit par « Grande Chasse » ; Martin Conway a baptisé le sommet NE « Bride Peak » en 1892.
- Premières ascensions : sommet NE par une équipe japonaise le 4 août 1958 ; sommet principal SO par une équipe autrichienne le 2 août 1975.
- Durée du voyage : environ 30 à 40 jours de porte à porte, y compris l'approche de plusieurs jours via Askole, le Baltoro et Concordia.
- En toute honnêteté : une ascension sérieuse, à corniches, qui exige une vigilance constante face aux avalanches, réservée aux alpinistes expérimentés ; belle, et impitoyable envers les erreurs à la descente.

Où se trouve le Chogolisa, et pourquoi les alpinistes en tombent amoureux
Placez-vous à Concordia, la grande confluence où se rejoignent les glaciers du Baltoro et de Godwin-Austen, et tournez un instant le dos au K2. Au sud-est se dresse un mur trapézoïdal et net de neige et de glace : c'est le Chogolisa. Il ferme la tête du glacier de Vigne et fait partie de la ligne d'horizon que vous franchissez sur l'itinéraire du Gondogoro La vers Hushe. Les trekkeurs le voient pendant des jours ; les alpinistes l'oublient rarement.
Le nom vient du balti Chogo Ling Sa, couramment traduit par « Grande Chasse ». En 1892, l'explorateur britannique Martin Conway cartographia le Baltoro. Il regarda l'élégant sommet nord-est et le baptisa « Bride Peak » (le pic de la Mariée), et le nom est resté pour ce versant de la montagne. Le Chogolisa a donc deux identités : le sommet principal de 7 665 m au sud-ouest, et le Bride Peak de 7 654 m au nord-est, séparés par une longue arête de liaison. Cette arête, drapée de corniches, est au cœur de la beauté de la montagne comme de son danger.
C'est la 36e plus haute montagne du monde et un sommet ultra-proéminent, qui s'élève de 1 624 m au-dessus de son col de liaison. Pour la géographie complète de l'autoroute glaciaire à la tête de laquelle il se trouve, consultez notre guide du glacier du Baltoro.
Le Chogolisa parmi les géants du Baltoro
Le Chogolisa n'est « qu'un » 7 000 dans un voisinage de « 8 000 ». C'est précisément pour cela qu'il est parfois négligé. C'est aussi ce qui en fait un objectif sérieux pour les alpinistes qui se préparent aux plus grands sommets. Voici comment son altitude se situe face à ses célèbres voisins autour de Concordia. Considérez ces altitudes comme des chiffres de référence fixes, issus des sources habituelles.
L'itinéraire, étape par étape
Aucune route ne mène au Chogolisa. L'expédition s'ouvre sur l'une des plus belles marches glaciaires du monde, la même approche que le trek du camp de base du K2, avant même le début de l'ascension. La plupart des équipes tentent les lignes de l'arête sud-ouest / arête sud-est depuis le côté du glacier de Vigne, la large approche qu'utilisaient les premières expéditions vers le col du Chogolisa. Les chiffres ci-dessous sont approximatifs et varient d'une année à l'autre selon les conditions.
Les étapes de la voie du Chogolisa
- De Skardu à Askole (1 jour) : une jeep 4×4 sur une route de montagne difficile, environ 7 à 9 heures, jusqu'au dernier village et au départ du sentier.
- D'Askole à Concordia (5 à 7 jours) : à pied en remontant le glacier du Baltoro par Jhula, Paiju, Urdukas et Goro. L'équipe prend de l'altitude lentement : cette marche constitue donc en elle-même la première étape de l'acclimatation.
- De Concordia au camp de base (~4 800 m) : une courte étape jusqu'au glacier de Vigne, sous la montagne, où l'équipe se repose, organise les charges et fait des marches d'acclimatation.
- Le col du Chogolisa (~6 300 m) : la voie atteint un large col d'altitude, le terrain même que le duc des Abruzzes atteignit en 1909 en établissant ici un record mondial d'altitude. Des camps d'altitude sont installés en remontant l'arête.
- L'arête sommitale jusqu'à 7 665 m : une longue crête à corniches mène au sommet principal sud-ouest. C'est le passage clé, pas seulement pour sa raideur technique, mais pour l'exposition et l'itinéraire à trouver entre les surplombs de neige.
- La descente : chaque mètre de cette arête se refait en sens inverse, sur des jambes fatiguées. Sur le Chogolisa, la descente est la moitié dangereuse de la journée.
Une montagne au lourd passé
L'histoire du Chogolisa se lit comme un abrégé de l'alpinisme au Karakoram. En 1909, le duc des Abruzzes atteignit environ 7 498 m sur le col avant que le mauvais temps ne l'arrête. C'était un record mondial d'altitude, qui tint treize ans, jusqu'à ce que les Britanniques montent plus haut sur l'Everest en 1922.
Le chapitre le plus sombre de la montagne survint en 1957. Tout juste revenus de la première ascension du Broad Peak voisin, les grands alpinistes autrichiens Hermann Buhl et Kurt Diemberger tentèrent le Chogolisa en style alpin. Le 27 juin, à moins de 300 mètres sous le sommet, une tempête de neige soudaine les força à faire demi-tour. À la descente, Buhl, déjà légendaire pour sa première ascension en solitaire du Nanga Parbat, posa le pied sur une corniche qui céda sous lui, et chuta dans la face nord presque verticale. Son corps n'a jamais été retrouvé. Chaque guide qui travaille sur ce glacier connaît cette histoire, et elle détermine notre façon de progresser sur un terrain à corniches.
La première ascension du sommet nord-est, le Bride Peak, eut lieu le 4 août 1958, par une expédition japonaise de l'université de Kyoto. Le sommet sud-ouest, plus haut, attendit le 2 août 1975. Une équipe autrichienne menée par Eduard Koblmüller y fit monter Fred Pressl et Gustav Ammerer. Koblmüller lui-même faillit ensuite connaître le sort de Buhl : il passa à travers une corniche, mais fut retenu par la corde et son équipe. La leçon du Chogolisa, écrite deux fois au même endroit : sur cette montagne, la corde et le bon jugement sont tout.
La sécurité, sans détour
Le danger caractéristique du Chogolisa, ce sont ses corniches : des avancées surplombantes de neige tassée par le vent sur les arêtes sommitales, qui peuvent rompre loin en arrière du bord apparent. C'est ce qui a tué Hermann Buhl ici, et ce qui a failli tuer l'homme qui a réussi la première ascension. Ajoutez le risque d'avalanche sur les pentes d'approche et le danger habituel de l'altitude au-dessus de 6 000 m. Nous menons chaque expédition avec un téléphone satellite au camp et des contacts établis pour le secours en hélicoptère dans la région du Baltoro. Nous équipons en outre de cordes fixes les passages exposés et nous respectons une heure de demi-tour. Sur le Chogolisa, redescendre vivant est tout le travail : le sommet n'est qu'à mi-chemin.
Quand partir
Le Chogolisa suit le calendrier habituel des expéditions au Karakoram. Les glaciers ne sont raisonnablement stables, et les camps d'altitude vivables, qu'en été. Voici une lecture honnête, mois par mois.
| Fenêtre | Conditions | Verdict |
|---|---|---|
| Avril – mai | Neige profonde, froid, approche glaciaire encore bloquée ; peu d'équipes. | Trop tôt pour la plupart |
| Juin – août | La principale saison d'ascension : les périodes les plus chaudes et les plus stables, et les meilleures fenêtres sommitales. | Idéal : c'est le moment |
| Septembre | Fenêtres météo plus courtes, nuits plus froides, moins de monde ; possible pour des équipes rapides. | Tardif mais faisable |
| Octobre – mars | Conditions hivernales ; le Baltoro est impitoyable et l'approche impraticable. | Fermé pour les voyages normaux |
Chaque juin, les camps de base du Baltoro se remplissent précisément pour cette raison. Pour savoir qui d'autre se trouve sur le glacier en saison, consultez notre aperçu de la saison d'ascension au Baltoro.
Est-ce difficile ? Honnêtement
Le Chogolisa est un vrai sommet d'expédition, pas un trekking peak avec une ascension greffée par-dessus. L'altitude à elle seule, plus de 7 600 m, le place clairement sur un terrain où une acclimatation complémentaire, des rotations soignées et la patience comptent. L'escalade technique est modérée pour le Karakoram, surtout de la neige et de la glace sur l'arête. Mais l'exposition et le terrain à corniches exigent une marche assurée en crampons, une maîtrise du sauvetage en crevasse et le jugement nécessaire pour lire une neige instable. Vous devez arriver avec une expérience préalable du glacier et de la haute altitude, idéalement un sommet de 6 000 m déjà gravi.
Si vous vous préparez aux grands objectifs du Baltoro, le Chogolisa est une excellente étape entre un premier « 6 000 » et les « 8 000 ». Beaucoup d'alpinistes l'associent dans leur planification à notre expédition au Spantik (Golden Peak), comme apprentissage du 7 000 m avant le Broad Peak ou les Gasherbrum. Quel que soit votre objectif, réussissez votre acclimatation : notre guide de l'acclimatation explique comment s'y prendre sans brûler les étapes.
Permis, accès et coût
Permis et visa : à lire tôt
Le Chogolisa dépasse 6 500 m. Il exige donc un permis d'alpinisme et une redevance de sommet (royalty) auprès de l'Alpine Club du Pakistan / du Gilgit-Baltistan. Il vous faut aussi un visa Trekking & Alpinisme (distinct d'un visa touristique) et un officier de liaison agréé, affecté à l'expédition. Tout cela demande de vrais délais. Nous gérons de bout en bout la procédure de permis, l'officier de liaison et la logistique, mais faites votre demande tôt, et n'arrivez pas avec un visa touristique en comptant grimper. Notre guide du visa pakistanais détaille les formalités.
On rejoint le départ du sentier par Skardu. La plupart des alpinistes prennent le vol Islamabad–Skardu quand la météo le permet, puis la longue route en jeep jusqu'à Askole. La route terrestre est une alternative panoramique, mais bien plus longue, et elle exige des jours de marge. Notre guide sur comment se rendre à Skardu présente les deux.
Côté coût, nous préférons un tarif personnalisé à un chiffre affiché qui devient obsolète dès que les droits de permis ou le carburant changent. Ce que nous promettons, c'est un prix juste, sans rogner sur les guides, la nourriture ou la sécurité. Donnez-nous donc vos dates et la taille de votre équipe, et nous vous ferons un devis franc. Les vallées de Hushe et de Concordia sont celles d'où vient notre équipe ; vous réservez auprès des gens qui gèrent réellement la montagne.
Questions fréquentes
Quelle est l'altitude du Chogolisa et où se trouve-t-il ?
Le sommet principal sud-ouest du Chogolisa culmine à 7 665 m (25 148 ft), la 36e plus haute montagne du monde ; son sommet nord-est, le « Bride Peak », culmine à 7 654 m. Il se dresse à la tête du glacier du Baltoro, à côté de Concordia, au Gilgit-Baltistan (Pakistan), près du K2 et du Broad Peak.
Pourquoi le Chogolisa s'appelle-t-il le Bride Peak ?
L'explorateur Martin Conway a baptisé l'élégant sommet nord-est « Bride Peak » (le pic de la Mariée) en 1892, lors de son relevé du Baltoro. Le nom local de la montagne vient du balti Chogo Ling Sa, généralement traduit par « Grande Chasse ».
Le Chogolisa est-il difficile à gravir ?
C'est un sommet d'expédition sérieux. L'escalade est modérée pour le Karakoram (surtout de la neige et de la glace), mais l'altitude de plus de 7 600 m, l'exposition et les arêtes sommitales chargées de corniches le rendent dangereux et exigeant. Une expérience préalable du glacier et de la haute altitude, idéalement un sommet de 6 000 m, est attendue.
Quelle est la meilleure période pour gravir le Chogolisa ?
De juin à août : c'est la saison principale, quand la météo se stabilise suffisamment pour offrir des fenêtres sommitales sûres. En avril–mai, il y a généralement trop de neige et l'approche est impraticable ; les mois d'hiver sont fermés aux expéditions normales.
De quels permis ai-je besoin pour le Chogolisa ?
Un permis d'alpinisme avec redevance, un visa Trekking & Alpinisme (pas un visa touristique) et un officier de liaison agréé. Nous organisons le permis, l'officier de liaison et toute la logistique, mais les formalités demandent du temps : commencez tôt.
Vous pensez au Chogolisa en 2027 ?
Vous préparez votre ascension ? Écrivez-nous sur WhatsApp au +92 312 9921574 ou par e-mail à info@karakoramventure.com : vous parlerez à une équipe baltie locale qui guide elle-même dans ces vallées, pas à un intermédiaire. Racontez-nous votre parcours d'alpiniste et vos dates, et nous vous dirons honnêtement si le Chogolisa est votre montagne, avec les droits de permis en vigueur et les départs programmés.
Sources et lectures complémentaires : altitude, proéminence, nom et histoire des ascensions du Chogolisa (duc des Abruzzes 1909 ; Buhl et Diemberger 1957 ; premières ascensions 1958 et 1975) — Wikipédia et l'American Alpine Journal / Himalayan Journal. Géographie du glacier du Baltoro et de Concordia — Wikipédia. Les altitudes proviennent de ces références ; les altitudes des camps, les durées de trek et les durées de voyage sont approximatives et varient selon la saison et l'agence.
