L'Istor-o-Nal culmine à 7 403 m (24 288 ft) et c'est la troisième plus haute montagne de l'Hindou Kouch. Il se dresse à quelques kilomètres au nord-est du Tirich Mir, de l'autre côté du glacier Tirich, dans le haut Chitral, au Pakistan, et il couronne un massif portant onze sommets distincts de plus de 7 000 m. Le camp de base se trouve à environ 4 700 m sur le glacier Tirich, à environ trois jours de marche du dernier village, Shagrom, et la saison praticable va de juin à septembre. C'est le 68e sommet indépendant le plus haut du monde, et l'un des moins visibles, car le Tirich Mir le masque depuis presque tous les points de vue de la vallée.
Nous sommes une agence de Skardu, et le Chitral se trouve loin à l'ouest de nos vallées, alors nous serons francs sur la façon dont nous l'organisons. Notre propre équipe d'expédition baltie vous accompagne, et nous travaillons avec des porteurs d'altitude chitralis qui parcourent le glacier Tirich depuis toujours, car sur ce glacier, la connaissance locale vaut plus que n'importe quelle brochure. L'Istor-o-Nal n'est pas une montagne pour débutants, et elle n'est pas fréquentée. La plupart des années, personne n'atteint son sommet. C'est là tout son attrait, et c'est aussi l'avertissement.

À retenir
- Altitude : 7 403 m (24 288 ft), troisième sommet de l'Hindou Kouch, 68e sommet indépendant le plus haut du monde.
- Situation : district du haut Chitral, Khyber Pakhtunkhwa, Pakistan, au nord-est du Tirich Mir (7 708 m), de l'autre côté du glacier Tirich.
- Camp de base : environ 4 700 m sur le glacier Tirich, à environ 30 km et trois jours de marche au-dessus du village de Shagrom.
- Première ascension : 8 juin 1955, par l'arête ouest : Joseph E. Murphy Jr. et Thomas A. Mutch, avec le major Ken Bankwala, lors d'une expédition du Princeton Mountaineering Club.
- Saison : de juin à septembre ; juillet et août sont les principaux mois d'ascension, septembre le plus dégagé pour le trek jusqu'au camp de base.
- Difficulté : une expédition sérieuse et isolée sur un 7 000 m. Le trek jusqu'au camp de base est à lui seul une marche exigeante en haute altitude.
Où se trouve l'Istor-o-Nal, et pourquoi personne n'en parle
Le Pakistan est célèbre pour le Karakoram : le K2, le Baltoro, Concordia. L'Hindou Kouch est l'autre chaîne, qui s'étend vers l'ouest depuis Gilgit jusqu'au Chitral puis vers l'Afghanistan, et ses hauts reliefs se concentrent en un énorme nœud de glace au-dessus de la vallée de Tirich. Le Tirich Mir (7 708 m) en est le roi. L'Istor-o-Nal est le troisième sommet de toute la chaîne, et pourtant la plupart des visiteurs du Chitral n'en ont jamais entendu le nom.
La raison est une simple question de géométrie. Depuis les villages en contrebas, le Tirich Mir se trouve en plein dans l'axe du regard et l'Istor-o-Nal se cache derrière lui. Il faut monter sur le glacier, ou le survoler, pour que la montagne se montre. Le nom vient du khowar, la langue du Chitral : istor signifie cheval, et « Istoro Nal » est généralement traduit par fer à cheval. Pourquoi un fer à cheval, personne ne peut nous le dire avec certitude : l'origine du nom est réellement obscure, et nous préférons le dire plutôt que de vous inventer une légende.

L'approche : du Chitral au glacier Tirich, étape par étape
Tout commence dans la ville de Chitral et se termine sous une tente sur la moraine. Shagrom est le village le plus haut de la vallée de Tirich, à environ 135 km de Chitral et à environ 60 km au-delà de Buni, le chef-lieu du district supérieur. De Shagrom, il y a environ 30 km de marche jusqu'au camp de base, normalement parcourus en trois étapes.
- De Chitral à Buni puis jusqu'à Shagrom (jeep). Une longue journée de route de montagne. Shagrom, c'est la dernière boutique, le dernier signal mobile, le dernier toit.
- De Shagrom à Sherniak (3 540 m). Environ 13 km, cinq à six heures. La vallée se resserre et la marche devient pierreuse.
- De Sherniak à Shoghore Baisun (environ 4 038 m). Environ 12 km, cinq à six heures. C'est là que l'altitude commence vraiment à se faire sentir.
- De Shoghore Baisun au camp de base (environ 4 700 m). Environ 10 km, cinq à six heures jusque sur le glacier, au site souvent appelé Babu Camp, ou Tirich Concordia.
- Acclimatation et portage au-dessus du camp de base. Pour une expédition d'ascension, c'est là le vrai travail : rotations, camps d'altitude, attente de la météo.
Les trekkeurs qui ne veulent que l'amphithéâtre s'arrêtent au camp de base, y passent un jour ou deux, et redescendent par le même chemin. Les alpinistes continuent, vers l'arête ouest depuis le versant sud du sommet, la ligne empruntée par les premiers ascensionnistes en 1955. Quel que soit votre projet, lisez notre guide de l'acclimatation avant de vous engager sur un calendrier : dans la vallée de Tirich, on prend de l'altitude vite.

La première ascension de 1955, et le sommet qui n'en était peut-être pas un
Le 8 juin 1955, deux Américains, Joseph E. Murphy Jr. et Thomas A. Mutch, atteignirent le haut de l'arête ouest, l'expédition étant dirigée par l'officier pakistanais, le major Ken Bankwala. C'était une équipe du Princeton Mountaineering Club, petite et peu financée au regard de l'himalayisme des années 1950, et leur réussite constituait alors le deuxième plus haut sommet jamais atteint par des Américains.
Il y a une note de bas de page, et elle est honnête. Lorsqu'une équipe catalane menée par Josep Manuel Anglada gravit la montagne le 12 août 1969, elle rapporta que l'équipe de 1955 s'était en réalité arrêtée sur l'arête entre le relief appelé le Rock Pinnacle et l'Istor-o-Nal Nord (7 373 m), et non sur le sommet principal : les Américains étaient dans les nuages et ne pouvaient pas voir ce qui se trouvait au-delà. Nous le rapportons tel que la littérature alpine l'a consigné ; l'ascension de 1955 reste de toute façon un travail dur et audacieux, et les comptes rendus des sommets revendiqués dans l'Hindou Kouch à cette époque ne sont pas toujours clairs.
Si c'est ce genre d'histoire qui vous attire, les sommets voisins en portent aussi : voir nos guides du Saraghrar (7 340 m) et du Koyo Zom (6 872 m).
Sa place parmi les géants
Le Noshaq (7 492 m), sur la frontière afghane, est le deuxième sommet de l'Hindou Kouch ; l'Istor-o-Nal vient ensuite. Au camp de base, vous êtes au milieu d'un cercle de onze sommets de plus de 7 000 m, tous appartenant au même massif. L'endroit n'a rien de modeste.

L'ascension en profil
Quand partir
| Mois | Conditions | Verdict |
|---|---|---|
| Avril – mai | Neige profonde dans le bas de la vallée, ponts de glace instables, nuits froides, routes encore en cours d'ouverture. | Trop tôt pour le glacier. |
| Juin | La neige se stabilise, les premières expéditions arrivent, le camp de base est encore froid. | Bien pour les alpinistes qui veulent une neige dure. |
| Juillet | Le plus chaud et le plus stable ; davantage d'eau de fonte et de chutes de pierres sur la moraine. | Principal mois d'ascension. |
| Août | Le temps stable se maintient ; chaud dans les vallées, praticable en altitude. | Principal mois d'ascension. |
| Septembre | Air froid, clair et stable ; couleurs d'automne dans la vallée de Tirich. | Idéal pour le trek jusqu'au camp de base et la photographie. |
| À partir d'octobre | La neige revient sur l'approche, les camps et les services ferment. | Saison terminée. |
Pour une vue d'ensemble sur tout le nord, voir la meilleure période pour visiter le Gilgit-Baltistan.
Est-ce difficile ? Honnêtement
Le trek jusqu'au camp de base est une marche exigeante en haute altitude : trois longues journées, 4 700 m à l'arrivée, pas de lodges, pas de maisons de thé, tout est porté. Si vous êtes en forme, avez déjà marché en altitude et acceptez de dormir au froid sur la moraine, c'est à votre portée. Si votre plus longue marche cette année s'est résumée à une colline un week-end, ce n'est pas le cas.
L'ascension est une tout autre catégorie. L'Istor-o-Nal est une expédition complète sur un 7 000 m isolé : progression sur glacier, sauvetage en crevasse, corde fixe, camps d'altitude, et la patience d'attendre la fin du mauvais temps pendant des jours. Il vous faut une vraie expérience alpine, idéalement un sommet de 6 000 m ou de 7 000 m déjà réussi. Notre expédition au Spantik (7 027 m) est le tremplin raisonnable, et nous vous dirons franchement si nous pensons que vous devriez commencer par là. Nous préférons perdre la réservation plutôt que de vous emmener là d'où vous ne pourriez pas redescendre.
Le matériel compte davantage ici que sur un trek dans le Karakoram, car vous êtes plus loin de tout ravitaillement : suivez notre liste de matériel et d'équipement et prenez la couche chaude dont vous pensez ne pas avoir besoin.
Le vrai risque, sans détour
Le Chitral est isolé, même au regard des montagnes pakistanaises, et il est plus loin d'une base d'hélicoptères que le Baltoro. Depuis le camp de base, une blessure grave ou un mal d'altitude signifie un long portage pour redescendre le glacier Tirich avant qu'un appareil puisse intervenir, et la météo peut clouer un vol au sol pendant des jours. Ce n'est pas une raison de rester chez soi : c'est la raison pour laquelle nous emportons un téléphone satellite sur chaque expédition, établissons le plan d'évacuation avant le départ plutôt qu'en pleine urgence, exigeons une assurance qui couvre réellement le secours en hélicoptère au-dessus de 6 000 m, et gardons un calendrier assez souple pour redescendre tôt. Les opérateurs à petit prix suppriment tout cela, parce que cela ne se voit pas sur un itinéraire.
Permis et visa
Le trek jusqu'au camp de base et l'ascension du sommet sont traités différemment. Au Pakistan, les sommets de plus de 6 500 m exigent un permis d'alpinisme avec une redevance versée à l'État, à obtenir à l'avance, et l'Istor-o-Nal, avec ses 7 403 m, est clairement dans cette catégorie. Les frais, les formalités et les règles de zone changent d'une saison à l'autre, et la position du Chitral près de la frontière afghane implique des contrôles supplémentaires ; nous confirmons par écrit les exigences en vigueur avant votre réservation plutôt que de deviner. Il vous faudra aussi le bon visa : un visa Trekking & Alpinisme (Trekking and Mountaineering), pas un visa touristique ordinaire. Commencez par notre guide du visa pour le Pakistan destiné aux trekkeurs.
S'y rendre, et ce que cela coûte
On rejoint le Chitral en avion depuis Islamabad quand la météo le permet, ou par la route via le tunnel de Lowari : le trajet est long et il faut prévoir des jours de marge dans les deux cas. De Chitral, il faut une journée de jeep pour monter à Shagrom, puis vous marchez. Si vous combinez ce voyage avec le côté Karakoram du pays, organisez la logistique tôt : les deux chaînes sont très éloignées et la liaison mange des jours.
Côté prix : nous établissons des tarifs personnalisés plutôt que d'afficher un chiffre qui devient obsolète dès que les frais de permis ou le carburant bougent. Donnez-nous vos dates, la taille de votre groupe, et dites-nous si vous visez le camp de base ou le sommet : nous vous enverrons un vrai chiffre avec les prestations détaillées (guides, porteurs, permis, nourriture, matériel de sécurité), tout est visible. Un prix juste, sans rogner sur rien. Ce que nous ne ferons pas, c'est vous annoncer un prix bas puis réduire l'équipe ou le matériel de sécurité pour préserver la marge.
Questions fréquentes
Quelle est l'altitude de l'Istor-o-Nal et où se trouve-t-il ?
L'Istor-o-Nal culmine à 7 403 m (24 288 ft) : c'est la troisième plus haute montagne de l'Hindou Kouch et le 68e sommet indépendant le plus haut du monde. Il se trouve dans le district du haut Chitral, au Khyber Pakhtunkhwa, au Pakistan, à quelques kilomètres au nord-est du Tirich Mir, de l'autre côté du glacier Tirich.
Qui a gravi l'Istor-o-Nal en premier ?
Les Américains Joseph E. Murphy Jr. et Thomas A. Mutch ont atteint le haut de l'arête ouest le 8 juin 1955, lors d'une expédition du Princeton Mountaineering Club dirigée par le major pakistanais Ken Bankwala. Après l'ascension du sommet par une équipe catalane menée par Josep Manuel Anglada le 12 août 1969, il a été rapporté que l'équipe de 1955 s'était arrêtée avant le sommet principal, sur l'arête près de l'Istor-o-Nal Nord (7 373 m), parce qu'elle était dans les nuages.
Comment rejoindre le camp de base de l'Istor-o-Nal ?
De la ville de Chitral à Buni, puis en jeep jusqu'à Shagrom, le village le plus haut de la vallée de Tirich, à environ 135 km de Chitral. De Shagrom, il y a environ 30 km de marche en trois étapes : Sherniak (3 540 m), Shoghore Baisun (environ 4 038 m), puis le camp de base sur le glacier Tirich, à environ 4 700 m.
Quelle est la meilleure période pour gravir l'Istor-o-Nal ou faire le trek jusqu'au camp de base ?
De juin à fin septembre. Juillet et août sont les principaux mois d'ascension ; septembre est généralement le plus dégagé et le plus froid, et la meilleure fenêtre si vous voulez seulement marcher jusqu'au camp de base et photographier le massif.
Faut-il un permis pour l'Istor-o-Nal ?
Oui. Comme sommet de plus de 6 500 m, il exige un permis d'alpinisme et une redevance à obtenir à l'avance auprès des autorités pakistanaises, et il vous faudra un visa Trekking & Alpinisme (Trekking and Mountaineering) plutôt qu'un visa touristique. Les règles et les tarifs changent d'une saison à l'autre : nous confirmons donc par écrit les exigences en vigueur avant la réservation.
Parlez à l'équipe qui sera vraiment sur la montagne
Donnez-nous vos dates et dites-nous si vous visez le camp de base ou le sommet : nous reviendrons vers vous avec un vrai plan et un vrai prix, sans intermédiaire. Vous traiterez avec la même équipe baltie locale qui organise le voyage, du premier message jusqu'à la redescente.
WhatsApp : +92 312 9921574 · E-mail : info@karakoramventure.com
Des mains locales, une vraie sécurité, un prix juste.
Sources et crédits : altitude, classement et détails de la première ascension tirés de Wikipédia (Istor-o-Nal), de Joseph E. Murphy Jr., « The Ascent of Istor-o-Nal », American Alpine Journal 1956, et de l'Alpine Club Himalayan Index ; étapes et distances de l'approche compilées à partir d'itinéraires de trek publiés pour le Chitral, recoupées entre les sources et indiquées comme approximatives là où elles divergent. Images : Ja71Ku (CC BY-SA 4.0) ; NASA Earth Science and Remote Sensing Unit, Johnson Space Center (domaine public) ; Terichvi3 (CC BY-SA 4.0) ; Khankayani512 (CC BY-SA 4.0), toutes via Wikimedia Commons.